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Les Côtes à la Française

La terre est en vue pour Mylène et dans notre dernière capsule environnement, Alice Pierre nous parle de l’effet du tourisme sur l’environnement des côtes françaises.  Nous espérons sincèrement que vous avez aimez lire et nous remercions de tout cœur tous nos collaborateurs!

Capsule n°37

Traditionnellement reliées à la pêche et au commerce maritime, les côtes françaises sont dotées d’une grande richesse écologique et possèdent un atout touristique qui ne font pas forcément « bon ménage »…

La densité importante de la population  (en moyenne de 272 habitants par km²) sur l’ensemble du littoral français augmente de manière considérable avec l’industrie touristique. Cette tendance soumet ces milieux fragiles à de nombreuses menaces telles que l’érosion, le traitement incomplet des eaux résiduelles, la pollution lumineuse, etc.

Alice Pierre
Coordonnatrice
Aquarium des Îles-de-la-Madeleine

Lien : https://www.facebook.com/aquariumdesiles

Une lettre à la mer…

Je ne te supplierai pas de me laisser tranquille, c’est moi qui te cherchais. Au moment d’écrire ces lignes, on se prend la tête avec une dernière querelle et comme d’habitude, c’est toi qui aura le dernier mot. J’abdiques certes et je ne cherche pas à avoir raison. Mon ego reste à sa place, bien tapi dans le dernier recoin au sec de mon esprit.

Cher océan, ça fait maintenant quatre mois que l’on partage nos vies et déjà je dois te quitter. Je ne suis pas encore partie que je te fais déjà des promesses. Je te donne ma parole que nous allons nous retrouver. J’ai apprécié chaque moment passé en ta compagnie, mêmes les plus difficiles car ils on su me révéler. Tu m’as permis de me découvrir, me dépasser, me surprendre et le plus important; reconnaître mon humilité. Pour chaque trésor trouvé ici, je veux te dire merci.

Tu reconnais surement ma voix, car près de toi j’ai crié plus d’une fois. J’ai même déjà cru crier de mes poumons mon dernier souffle, je t’ai crié d’arrêter, de me laisser tranquille, de te calmer… Malgré tout, résonnait tous les jours un éclat matinal de ma petite voix du matin, mon célèbre et traditionnel « Hello World » depuis le pont de mon minuscule esquif.

Notre quotidien s’est construit d’horizons merveilleux, de ciels sans obstacles, d’étoiles. D’un lever de lune pleine à un autre et de tes célèbres couchers de soleil, j’ai rencontré ton âme et tes habitants, des êtres surprenants et merveilleux. Chaque jour, j’aperçus l’un d’entre eux que ce soit une baleine, d’adorables globicéphales, des dauphins, des bancs de poissons, du plus petit au plus effroyable du monde, une vieille tortue, des oiseaux, des calmars ou de gracieuses méduses, à chaque fois je me suis adressée à eux avec intérêt, avec déférence. Ici, se respectent et s’achèvent au rythme de ta volonté des milliers d’êtres contribuant au monde soit de leurs chairs soit de leurs ruses, parvenant à maintenir de justesse un équilibre incertain pour construire cet univers marin auquel je tire aujourd’hui ma révérence.

J’ai eu peur de toi plus d’une fois. Maintenant que je t’aime à ce point, j’ai beaucoup plus peur pour toi que pour ma petite personne bien limitée. J’ai peur pour ton âme, mais surtout pour les hommes de la terre qui dépendent tous de toi.

Promets-moi de bien prendre soin des marins de la planète qui te chevaucheront et qui feront passage en tes eaux. De mon côté je te promets de t’être toujours loyale, de leur parler de toi en bien et de louanger ta beauté, ta discipline, tes couleurs et surtout tes habitants. Je leur dirai que tu es forte, mais très fragile, fière, mais modeste et gracieuse, même si tu es horrible parfois, je te ferai toujours honneur. Je leur dirai que je t’ai pardonné chaque querelle, chaque état. Je prierai mes amis les hommes de prendre soin de toi, pour nous, tous les terriens.

Car nous deux, nous savons bien que peu importe l’issue de notre histoire, malgré mon amour à ton égard, je quitterai ce monde bien avant toi, de vieillesse, de maladie ou d’escapades, comme tous mes frères les humains. À nous seuls, nous t’avons fait bien du mal, tu aurais pu m’en vouloir à m’arracher la vie, mais non, tu m’as laissé passer malgré tes états d’âme les plus redoutables. Pour ça, je te dois tout.

Je leur parlerai de toi, je leur dirai à quel point tu es belle, à quel point on ne se soucie pas assez de ton destin. Je leur dirai que tes oiseaux m’ont fait la cour tous les jours, que ton vent peut être aussi doux qu’un matin de printemps et que ton silence peut faire jaillir les plus vieux souvenirs ensevelis aux confins de nos esprits. Je tenterai de leur partager notre histoire pour les en séduire de toi et les faire t’aimer, t’aimer toujours.

Les humains pourront peut-être comprendre que le mal qu’on te fait, nous le faisons d’abord à nous-mêmes. Car après notre départ et celui des oiseaux, tu continueras à éroder les rochers les plus durs de ce monde, embrasser les berges, tout prendre au passage et arracher bien des arbres. Tu déferleras à jamais en toi-même, tu gronderas et toujours, même si l’Homme n’est plus pour écouter de ses sourdes oreilles, tu feras crépiter l’air à ta surface et ainsi créer le plus beau son du monde, soit l’effervescence de tes eaux.

La dame aux baguettes

Les archives sédimentaires

Mylène approche rapidement la fin de son voyage, mais son périple sera enregistré pour toujours dans les sédiments qui s’accumulent sur les fonds marin.  Cette nouvelle capsule d’André Rochon nous en dit plus…

Capsule n°36

Les sédiments s’accumulant sur les fonds marin constituent des archives temporelles ininterrompues des changements climatiques affectant notre planète ? Ils sont constitués de particules minérales et organiques continentales transportées par les cours d’eau et de particules organiques provenant d’organismes marins. Ils permettent entre autre de retracer les sources sédimentaires, le type de matière organique, les populations phyto- et zoo-planctoniques du passé et les conditions océaniques dans lesquelles elles se développaient, les caractéristiques chimiques des océans anciens, etc.  Afin d’étudier les enregistrements climatiques et paléontologiques renfermés dans ces sédiments, plusieurs types d’appareils sont utilisés pour les récupérer. Ces travaux permettent de remonter de quelques dizaines à plusieurs milliers ou millions d’années dans le passé, selon l’épaisseur et la vitesse d’accumulation des sédiments et ainsi retracer l’histoire géologique de notre planète.

André Rochon
Québec-Océan
Professeur-chercheur en géologie marine à  l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (UQAR)

Les canyons sous-marins

Sur la cartographie de Mylène, on peut voir qu’elle s’apprête à rejoindre le golfe de Gascogne (Bay of Biscay). Cette capsule d’Alexandre Normandeau nous dévoile un des secrets de cette partie de l’océan Atlantique nord qui borde la France:

Capsule n°35:

 

canyons sous-marin

Canyons sous-marins au large de Pointe-des-Mont, estuaire maritime du Saint-Laurent

Mylène passera bientôt dans le golfe de Gascogne. Cette étendue d’eau abrite une multitude de canyons sous-marins qui incisent les plateformes continentales et peuvent atteindre des centaines de kilomètres en longueur. Des courants de turbidité (avalanches sous-marines) transportent des milliers de m3 de sédiments érodés des côtes et des rivières vers les profondeurs de l’océan via ces canyons. Les sables transportés par de tels courants et déposés en milieu profond se nomment turbidites. Les courants de turbidités se forment principalement par des glissements de terrain, des crues de rivières chargées en sédiments dans l’océan, des vagues de tempêtes ou encore par des courants associés aux marées. Cet apport de sédiments à plus de 1000 m de profondeur permet de maintenir une importante et complexe biodiversité marine grâce à l’apport de nutriments. Bien qu’ils soient plus petits, des canyons sous-marins ont aussi été observés dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et ont déjà contribué à l’apport de sédiments dans le Chenal Laurentien.

Alexandre Normandeau
Étudiant au doctorat en géographie

Laboratoire de Géomorphologie Marine (LGM)
Université Laval

 

Des mesures innovatrices pour la protection des berges !

Alors que Mylène se rapproche chaque jour des berges de la terre ferme, saviez-vous que ces bordures de nos cours d’eau ont un rôle important dans les écosystèmes et ce qui en dépend? Cette capsule de Josiane Mélançon nous explique l’importance de les préserver.

Capsule n°34:

En zone côtière, l’érosion des berges est un problème majeur qui a des impacts tant écologiques, comme la perte d’habitat et la diminution de la qualité des eaux, que socioéconomiques, comme la perte de revenus de pêche et de tourisme et la destruction d’habitations ou d’infrastructures. Ce phénomène, principalement d’origine naturelle, est amplifié par certaines actions humaines comme le déboisement des rives et, indirectement, par les changements climatiques. Certaines mesures pour contrer l’érosion, comme l’enrochement des berges ou la construction de murets, se sont souvent révélées inefficaces, voire néfastes pour la protection des berges et d’infrastructures en rive. Heureusement, des projets innovateurs de protection des berges sont mis sur pied. Par exemple, le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine utilise une approche misant sur la revalorisation de matériaux tels que les branches de saules, les résidus forestiers, les anciens casiers à homard, et surtout, sur la sensibilisation et la participation citoyenne. Initié en 2012, ce projet, échelonné sur 3 années, semble jusqu’à présent donner des résultats intéressants.

Josiane Mélançon
Québec-Océan

Étudiante au doctorat en océanographie à l’Université Laval et bénévole chez Stratégies St-Laurent

 

Le mascaret

Saviez-vous que…

« Des phénomènes rares et fascinants se produisent aux embouchures des fleuves. Parmi ces phénomènes, le mascaret, qui est une vague liée à la marée montante et qui remonte à contre-courant d’un fleuve ou d’un estuaire. Il se produit dans l’embouchure et peut remonter jusqu’à 200 km dans les terres à une vitesse variant de 15 à 30 km/h. »

Capsule n°33:

Les mascarets les plus spectaculaires s’observent aux embouchures du Qiantang (Chine), de la Severn (Angleterre) et de l’Amazone (Brésil). Au Canada, la baie de Fundy a le record des plus hautes marées au monde, condition favorable à la formation de mascarets. De ce fait, la rivière Petitcodiac au Nouveau-Brunswick avait le plus important mascaret en Amérique du Nord, mesurant près de 2 mètres ! Or, après la construction d’un pont-jetée, l’ensablement de la rivière l’a réduit pendant 42 ans à une onde très faible jusqu’à ce que les vannes soient ouvertes au printemps 2010 dans le cadre d’un plan provincial de restauration de la rivière.

Véronique Nolet, biologiste
Réseau d’observation de mammifères marins
Allié de Québec-Océan

 

Le crabe vert

La capsule n°31 nous parlait des envahisseurs aquatiques introduits à l’extérieur de leur territoire d’origine, mais en connaissez-vous? Cette capsule de Josiane Mélançon nous parle d’une de ces espèces invasives: le crabe vert.

Capsule n°32:

Le crabe vert, ce crustacé originaire du nord de l’Europe est une espèce aquatique envahissante (EAE) que l’on retrouve désormais dans les eaux côtières de tous les continents. En Amérique du Nord, depuis sa première apparition au début du 19e siècle, il s’est répandu du Delaware jusqu’au Golfe du St-Laurent, avec une première apparition aux Îles-de-la-Madeleine en 2004. Il a aussi été observé sur la côte ouest, autour de l’île de Vancouver, depuis 1998. Les eaux de lest et les embarcations mal nettoyées contribuent à sa propagation, et l’absence de prédateur naturel dans les zones qu’il colonise lui permet de proliférer. Vorace et résistant, il se nourrit de palourdes, moules, huîtres et petits homards. De plus, il creuse les fonds marins et détruit les racines de plantes marines telles que la zostère. Il endommage ainsi les habitats des espèces indigènes des milieux qu’il colonise, affectant non seulement l’intégrité des écosystèmes, mais potentiellement les activités économiques qui en découlent comme la pêche et la culture de mollusques.

Josiane Mélançon
Québec-Océan

Étudiante au doctorat en océanographie à l’Université Laval et bénévole chez Stratégies St-Laurent

 

Les envahisseurs aquatiques !

Il y a de quoi se sentir un peu comme un extra terrestre au milieu de ce monde aquatique que Mylène traverse. Cependant, est-elle la seule à ne pas être dans son environnement habituel? Cette capsule d’Alice Pierre nous parle des Espèces Aquatiques Envahissantes, introduites sur des territoires qui ne sont pas les leurs.

 Capsule n°31:

Les Espèces Aquatiques Envahissantes (EAE), connues également sous le nom d’espèces « invasives », sont des organismes vivants introduits à l’extérieur de leur territoire d’origine. Ces envahisseurs engendrent des effets néfastes sur l’équilibre de multiples écosystèmes, entrainant des modifications au niveau environnemental, économique et, parfois même, reliées à la santé humaine.

Le principal vecteur d’introduction de ce type d’espèces est le trafic maritime (eaux de ballast déversées comportant la grande majorité des EAE).

Pour lutter contre ces espèces invasives, un Carnet d’identification des espèces aquatiques envahissantes permet d’identifier les EAE de l’est du Canada et de connaitre les gestes à exécuter pour limiter leur dispersion ainsi que leur installation de façon durable et écologique.

Alice Pierre, Coordonnatrice
Aquarium des Îles-de-la-Madeleine

Lien : https://www.facebook.com/aquariumdesiles

 

De nouveaux dangers menacent les bélugas !

Beaucoup ont réagi aux dernières capsules sur l’utilisation du son par les mammifères marins pour communiquer sous l’eau et les difficultés qu’ils éprouvent à cause du bruit généré par le trafic maritime et autres activités humaines.

Plusieurs d’entre vous se sont alors demandés s’il pouvait y avoir un lien  avec la disparition des bélugas, notamment dans le fleuve St Laurent au Canada. Cette capsule de Josiane Mélançon nous apporte quelques éléments de réponse:

Capsule n°30:

Depuis 2008, un nombre record de bébés bélugas sont retrouvés morts sur les rives du St-Laurent. En 2008, la floraison d’algues toxiques en était probablement la cause. Cependant, les disparitions ont continué, alors qu’il n’y avait plus d’importantes floraisons d’algues toxiques! Selon une hypothèse, de nouveaux polluants présents dans le fleuve pourraient nuire à l’accouchement des bélugas. De plus en plus de bélugas meurent en couche. Les orphelins, laissés à eux-mêmes, ont moins de chances de survivre. En attendant que le mystère soit résolu, il est important de prendre des précautions afin de protéger les bélugas et les autres mammifères marins du St-Laurent. Les spécialistes, notamment ceux du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), suivent avec attention le dossier, soutenus par des comités ZIP, tels que le comité ZIP de la rive-nord de l’estuaire (www.zipnord.qc.ca). Pour savoir ce que vous pouvez faire pour contribuer à protéger les bélugas et en apprendre plus sur la faune qui habite notre fleuve, consultez-les!

 Josiane Mélançon
Québec-Océan

Étudiante au doctorat en océanographie à l’Université Laval et bénévole chez Stratégies St-Laurent

 

Communiquer dans un environnement cacophonique

Cette capsule de Sylvain Gautier nous en dit plus sur la difficulté des mammifères marins à utiliser le son pour communiquer sous l’eau à cause des nombreux bateaux qui viennent interférer leur communication de part le bruit qu’ils engendrent. Ce bruit que nous n’entendons pas toujours est pourtant bien présent et est amplifié sous l’eau. Pour mieux comprendre cette pollution sonore et son impact sur les écosystèmes marins, nous accompagnons cette capsule d’un excellent documentaire « Vacarme en haute mer » de l’émission Grandeurs Natures de France 2:

http://www.dailymotion.com/video/xow5xf_vacarme-en-haute-mer-grandeurs-nature_tech#.Udb0k21UqQg

Capsule n°29:

Saviez-vous que…

Les bélugas du Saint-Laurent ont tendance à moins communiquer entre eux lorsque le bruit du trafic maritime devient trop fort ? Saviez-vous aussi qu’ils doivent répéter pour se faire comprendre ou parler plus fort ? Essayez d’avoir une conversation au bord d’une voie rapide et vous comprendrez l’effort que les baleines du Saint-Laurent doivent faire pour survivre dans un environnement où, dans le passé, le silence régnait.

Sylvain Gautier, océanographe
Laboratoire d’acoustique sous-marine de l’Institut des sciences de la mer (UQAR)
Québec-Océan

Hélas cette grande cacophonie est aussi présente dans l’air. Cet article du journal Le monde nous parle de son impact sur la nature qui nous entoure:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/30/l-orchestre-de-la-nature-se-tait-peu-a-peu_3150765_3244.html